31. mai 2023

Actualité

Nornickel préfère miser sur des manœuvres de diversion plutôt que sur les droits humains

Verschmutzter Fluss

Le groupe minier Norilsk Nickel viole les droits des communautés autochtones en Russie. Face à la critique, le groupe se lance dans une opération de relations publiques. Aux côtés des organisations autochtones, la SPM demande, au lieu de cela, de la transparence ainsi que de réelles améliorations.

Le mode de vie autochtone traditionnel est de plus en plus menacé dans l’Arctique russe : outre les fortes conséquences du changement climatique, les communautés autochtones se retrouvent confrontées à l’exploitation et à la pollution de leurs territoires. L’un des principaux responsables de ces dégradations est le groupe minier russe Norilsk Nickel (Nornickel), qui possède également une filiale dans le canton de Zoug. Le principal actionnaire de Nornickel est le 2e oligarque russe le plus fortuné au monde avec un patrimoine estimé à quelque 25 milliards de francs, à savoir Vladimir Potanine. Le groupe est responsable d’une importante pollution sur les territoires autochtones. Tandis que l’entreprise ne respecte pas les droits des autochtones, elle mène parallèlement des consultations fallacieuses avec des représentant·e·s trié·e·s sur le volet de la communauté autochtone, qui ne permettent aucune participation véritable de leur part.

Relations publiques plutôt qu’amélioration des standards

Dans un nouveau communiqué de presse, le groupe Nornickel donne l’impression de se conformer aux standards de l’Initiative pour l’assurance d’une extraction minière responsable (IRMA). Une lecture attentive montre toutefois que Nornickel ne dispose absolument pas du label, mais qu’il se contente d’une auto-évaluation. Il s’agit donc d’une auto-analyse qui ne constitue que la première étape nécessaire au processus de certification. L’affirmation de Nornickel ne repose en réalité que sur ses propres déclarations. Etant donné que le groupe refuse de publier les documents de certification et qu’en raison de la situation de guerre en Ukraine, l’IRMA ne mène pas de nouveaux contrôles en Russie, il est impossible de faire certifier par un organisme indépendant que Nornickel respecte bien les standards IRMA.

Face au dysfonctionnement historique de Nornickel, au non-respect des standards internationaux dans ses rapports avec les peuples autochtones et à la catastrophe écologique engendrée par Nornickel, la SPM salue toutes les initiatives que le groupe minier mettra en œuvre pour appliquer les standards sociaux et environnementaux internationaux.

Aux côtés d’un regroupement d’organisations autochtones et de droits humains, la SPM Suisse demande à Nornickel de publier et de montrer les documents prouvant que l’entreprise a effectivement mis en place des améliorations pour la protection des autochtones et de leurs droits. Le groupe doit également permettre un contrôle par un organisme indépendant, dès que cela sera possible.

Les organisations suivantes ont signé ces revendications :

International Committee of Indigenous Peoples of Russia; International Indigenous Fund for development and solidarity “Batani”; Cultural Survival; GfbV Schweiz, GfbV Deutschland, Altai Project, Indigenous Russia; Saami Heritage and Development Foundation; SIRGE Coalition; First Peoples Worldwide; Earthworks; INFOE und der deusche Dachverband der kritischen Aktionäre.

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