Le Brésil sous Lula : espoir pour les autochtones et l’environnement

31 Oct 22

Le Brésil sous Lula : un espoir pour les autochtones et l’environnement

Dimanche soir, la majorité du peuple brésilien s’est exprimée en faveur d’un changement : avec un très faible taux de 50,83 % des voix, l’ancien président de gauche, Luiz Ingácio Lula da Silva, a été élu à la tête du pays pour la deuxième fois. La Société pour les peuples menacés se dit soulagée par ce résultat et espère que Lula mettra ses promesses électorales à exécution et que la priorité sera donnée au renforcement des droits des autochtones ainsi qu’à la lutte contre la crise climatique.

Une majorité de l’électorat brésilien en a assez de la politique d’extrême droite menée par Jair Bolsonaro : le président sortant n’a recueilli que 49,17 % des voix, contre 50,83 % pour Lula. Ce résultat laisse entrevoir l’espoir d’un changement de cap pour le Brésil concernant la protection de l’environnement et la politique en matière de droits humains.

Pour les communautés autochtones et l’environnement, la présidence de Bolsonaro qui s’achève fut une catastrophe. Au cours des quatre dernières années, l’Amazonie brésilienne a perdu l’équivalent de la taille d’un pays comme la Belgique. Rien qu’au cours des six premiers mois de l’année 2022, une région équivalente à la totalité de l’espace boisé des Alpes suisses a été détruite.

La violence et l’appropriation illégale de terres ont également atteint un niveau record sous le gouvernement Bolsonaro : entre 2018 et 2019, le nombre de chef·fe·s de village autochtones assassiné·e·s dans les zones rurales a augmenté de 30 %. Et entre 2018 et 2020, l’exploitation illégale des ressources naturelles et les intrusions sur les territoires autochtones ont bondi de 137 %.

« Un espoir de voir la situation s’améliorer pour les communautés autochtones et la protection de l’environnement est désormais permis », déclare Julia Büsser, responsable de campagne à la SPM. En effet, lors de son premier mandat, de 2003 à 2010, Lula avait reconnu 88 territoires autochtones. Le fait que la déforestation de l’Amazonie ait atteint son plus bas niveau en 2012, depuis le début des relevés par satellites en 1988, est également à porter au crédit des mesures du gouvernement de l’époque. Concernant son mandat à venir, Lula entend également faire de la lutte contre la crise climatique une priorité absolue. Le nouveau président a par ailleurs annoncé une série de mesures visant à renforcer les droits des communautés autochtones, dont la création d’un ministère des peuples autochtones et la lutte contre l’exploitation minière illégale des territoires autochtones.

Continuer à revendiquer des droits

Mais du premier mandat de Lula, les communautés autochtones n’ont pas pour autant oublié qu’à l’époque, le président de gauche avait soutenu des projets d’infrastructure considérables, sans tenir compte des coûts socio-économiques, et qu’il n’a pas hésité à s’allier avec le lobby agricole pendant la campagne électorale. La militante autochtone et leader Maria Leusa Munduruku tient à préciser : « Le mouvement autochtone a évolué pour gagner en force. Cela va nous aider pour défendre nos revendications auprès du gouvernement Lula. »

L’élection de Lula en tant que nouveau président du plus grand pays d’Amérique latine n’est pas uniquement un soulagement pour les communautés autochtones, les autres minorités et les défenseur·euse·s de l’environnement. Sa politique en matière de droits humains et de protection de l’environnement pourrait être un signal pour toute la région et les mesures du futur gouvernement auront une importance mondiale au vu de la crise climatique. La SPM suivra de près les évolutions sous le nouveau gouvernement de gauche et se tiendra aux côtés des organisations autochtones partenaires dans la revendication de leurs droits.

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