Crédit Suisse et droits humains : la Société pour les peuples menacés porte plainte - Société pour les peuples menacés

28 Avr 17

Crédit Suisse et droits humains : la Société pour les peuples menacés porte plainte

A l’occasion de l’assemblée générale du Crédit Suisse, qui s’est tenue aujourd’hui, la Société pour les peuples menacés (SPM) souligne une nouvelle fois le rôle prépondérant de cette banque dans le financement du projet controversé du Dakota Access Pipeline aux Etats-Unis. Le CS n’ayant pour l’heure satisfait à aucune de nos demandes et ne montrant aucune véritable volonté de négocier, la SPM a porté plainte auprès du Point de contact national (PCN) pour les principes directeurs de l’OCDE (en Suisse le PCN est rattaché au SECO).

Munie d’une banderole affichant « No business without human rights », avec des tracts et des plumes de couleurs, la Société pour les peuples menacés (SPM) s’est placée aujourd’hui à l’entrée du Hallenstadion de Zurich pour attirer l’attention des actionnaires du Crédit Suisse sur le rôle problématique de la banque dans l’affaire controversée du Dakota Access Pipeline aux Etats-Unis. « Le Crédit Suisse joue un rôle prépondérant dans le financement du pipeline », a critiqué Julia Büsser, responsable de campagne, économie et droits autochtones, lors de l’assemblée générale de la banque. « Du point de vue de la SPM, il est par conséquent coresponsable des violations des droits humains commises jusqu’à présent et des dangers à venir pour l’environnement. »

De concert avec des manifestant-e-s du monde entier, la Société pour les peuples menacés critique depuis des mois l’absence de consultation des Sioux, qui sont directement concernés, ainsi que les violations des droits humains commises à l’encontre des protestataires, autochtones pour la plupart. La SPM craint par ailleurs qu’une fuite dans le pipeline ne pollue l’eau potable des populations locales. Aux côtés de Greenpeace, la Société pour les peuples menacés est entrée à plusieurs reprises en contact avec le Crédit Suisse suite aux révélations indiquant que la banque a mis en place d’importantes lignes de crédits pour certaines des entreprises impliquées, qu’elle fait office d’organe administrateur (« administrative agent ») et qu’elle gère des actions à grande échelle liées à ce projet. Contrairement à d’autres banques, dont certaines se sont même retirées financièrement du projet, le CS ne s’est jamais publiquement exprimé sur le conflit de Standing Rock et a même intensifié ses relations avec les sociétés concernées après les vives critiques émises par l’ONU au sujet du projet.

Contrairement à ce que le Crédit Suisse avait affirmé en décembre dernier lors d’un entretien avec Greenpeace et la SPM, il apparaît, selon des révélations de Greenpeace de février 2017, que des sommes bien plus importantes que celles initialement dévoilées circulent autour du pipeline controversé. Entre décembre 2016 et février 2017, le Crédit Suisse aurait aussi joué un rôle prépondérant dans d’autres cycles de financement. « Bien que cela aille à l’encontre des directives du Crédit Suisse relatives à la protection de l’environnement et des droits humains et que cela soit contraire aux normes internationales en matière de projets pétroliers et gaziers, le CS a intensifié ses relations d’affaires avec les entreprises responsables », déplore Julia Büsser. Considérant que le CS n’a répondu à aucune des demandes de la SPM et que, de notre point de vue, la banque transgresse également les lignes directrices de l’OCDE, la Société pour les peuples menacés a porté plainte auprès du Point de contact national (PCN) pour les principes directeurs de l’OCDE.

En déposant cette plainte, la SPM entend obtenir :

– l’établissement d’un vrai dialogue entre la SPM et les personnes décisionnaires du Crédit Suisse,
– le respect par le CS de ses propres directives relatives aux droits humains et à la protection de l’environnement,
– l’adaptation par le CS des directives susmentionnées, afin que la banque puisse à l’avenir quitter à tout moment des projets qui nuisent aux droits humains ou à l’environnement.