Soulèvement tibétain : la Suisse doit défendre les droits des Tibétain-e-s

05 Mar 19

60e anniversaire du soulèvement tibétain : la Suisse doit défendre les droits des Tibétains

Le 10 mars 2019 sera la journée commémorative du soulèvement tibétain et des 60 ans d’exil du Dalaï Lama. Les organisations tibétaines et la Société pour les peuples menacés (SPM) demandent à la Suisse de s’engager plus fermement pour la protection des Tibétain-e-s. En Suisse aussi.

La situation en matière de droits humains au Tibet reste très précaire. En février dernier, le gouvernement chinois a édicté une interdiction d’entrée sur le territoire tibétain pour les touristes étrangers, et ce jusqu’à début avril. Pour justifier sa décision, le gouvernement a invoqué sa crainte de possibles tensions lors du 60e anniversaire du soulèvement tibétain. Depuis 2009, 155 Tibétain-e-s se sont immolé-e-s pour protester contre la répression chinoise. En décembre 2018, les autorités chinoises ont interdit à des moines tibétains de la province du Qinghai d’enseigner la langue tibétaine dans l’enceinte de leurs monastères. Le gouvernement chinois bafoue ainsi une fois de plus le droit, pourtant consigné dans sa propre Constitution, d’apprendre la langue tibétaine. « Nous demandons à la Suisse de s’engager, tant au niveau bilatéral que multilatéral, pour le respect des droits humains et des minorités en Chine. Un simple dialogue sur les droits humains ne suffit pas. La Suisse doit renforcer son engagement et sa politique extérieure sur ce point », souligne Christophe Wiedmer, co-directeur de la Société pour les peuples menacés (SPM).

L’ombre de la Chine s’étend jusqu’en Suisse

Un accord de libre-échange lie la Chine et la Suisse depuis 2013. Les deux pays se sont donc rapprochés tant sur la scène économique que politique. Pour la communauté tibétaine vivant en Suisse, cela  a entraîné des restrictions concrètes en matière de liberté d’expression, de protection de la sphère privée, de la liberté de circulation et du droit d’avoir sa propre identité. Que ce soit par des tentatives d’intimidation chinoises au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, des activités de surveillance numérique ou des infiltrations par des espion-ne-s, les Tibétain-e-s établi-e-s en Suisse ressentent très concrètement le comportement dominant de la Chine.  « C’est justement parce qu’elle a conclu un accord de libre-échange avec la Chine que la Suisse doit clairement s’exprimer contre l’ingérence de la Chine sur son territoire et qu’elle doit renforcer la protection des Tibétain-e-s dans ses frontières », précise Uwe Maya, membre de la Société Amitié Suisse-Tibet (Gesellschaft Schweizerisch-Tibetische Freundschaft GSTF).

Le groupe parlementaire Tibet exige des réponses de la part du Conseil fédéral

Aujourd’hui, à l’occasion de l’heure des questions au Conseil fédéral, le groupe parlementaire Tibet interroge le Conseil fédéral et attend ses réponses sur la situation des droits humains au Tibet, l’influence grandissante de la Chine en Suisse ainsi que sur la situation actuelle de la communauté des exilé-e-s et réfugié-e-s tibétain-e-s. « La Suisse est l’un des rares pays à avoir un dialogue sur les droits humains et à disposer d’un accord de libre-échange avec la Chine. C’est une occasion unique à saisir, déclare la Conseillère nationale Rosmarie Quadranti (PBD/ZH), co-présidente du groupe parlementaire Tibet, la Suisse doit se positionner clairement en faveur du respect des droits humains et des droits des minorités et doit poser des conditions plus strictes dans ses relations avec la Chine. »

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